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sur l’île de la Réunion

LA FOURNAISE EST EN VIGILANCE VOLCANIQUE
L’ACCÈS A L’ENCLOS EST OUVERT AU PUBLIC

 

L’accès à la partie haute de l’enclos reste strictement limité aux deux sentiers balisés suivants :

  • Pas de Bellecombe – Formica Léo – Chapelle Rosemont- Sentier Rivals- Cratère Caubet
  • Pas de Bellecombe – Formica Léo -Chapelle Rosemont -sentier d’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (accès par le Nord du cratère).

 

Les sentiers Kapor jusqu’à Piton Kapor et du cratère Caubet au Belvédère sur château fort restent interdits d’accès. Le public a interdiction de s’engager au-delà des limites provisoires qui sont matérialisées sur le sentier RIVALS.

Le poser d’aéronefs demeure réglementé par l’article L363-1 du code de l’environnement ainsi que par l’arrêté du 06/05/1995 relatif aux aérodromes et autres emplacements utilisés par les hélicoptères.

 


 

DERNIER BULLETIN D’INFORMATIONS
DE L’OBSERVATOIRE DE VOLCANOLOGIE
(Jeudi 1er février 2018)

 

SISMICITÉ

 

Au mois de janvier 2018, l’OVPF a enregistré au total :

  • 16 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux
  • 2 séismes profonds (> à 2 km de profondeur)
  • 115 effondrements (dans le Cratère Dolomieu, au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué ainsi qu’au niveau du site éruptif de juillet/août 2017)
  • 34 séismes locaux (sous l’île, côté Piton des Neiges)
  • 3 séismes régionaux (dans la zone océan indien)

L’activité volcano-tectonique sous le massif du Piton de la Fournaise est ainsi restée faible en janvier 2018.

 

DEFORMATION

 

Tout au long du mois de janvier 2018, les stations GPS en champ lointain (à la base du cône terminal et hors Enclos) ont continué à enregistrer une lente inflation continue, témoin de la mise en pression d’une source profonde.

Le principal changement provient des stations du pourtour des cratères sommitaux qui ont enregistré lors des 18 premiers jours de janvier une forte inflation (jusqu’à 1.2 cm d’élongation de la zone sommitale en 2.5 semaines, Figure 1). Cet effet s’est également fait ressentir sur les stations à la base du cône terminal (jusqu’à 1.5 cm d’élongation) et en champ lointain (hors Enclos) mais dans une moindre mesure (<0.5 cm d’élongation).

Figure 1 : Illustration de la déformation au cours des douze derniers mois (les éruptions du 31 janvier-27 février 2017 et du 14 juillet-28 août 2017 sont représentées en jaune et l’injection de magma du 17 mai 2017 est représentée par une barre noire). Est ici représentée une ligne de base (distance entre deux récepteurs GPS) traversant le cratère Dolomieu du nord au sud (en noir les données brutes, en bleu les données lissées sur une semaine). Une hausse est synonyme d’élongation et donc de gonflement du volcan ; inversement une diminution est synonyme de contraction et donc de dégonflement du volcan. (© OVPF/IPGP)

 

Cette forte inflation observée au niveau de la zone sommitale du Piton de la Fournaise pourrait être liée à une forte activité hydrothermale faisant suite aux fortes précipitations de janvier (~1ère quinzaine du mois). L’apport important d’eau dans le système hydrothermal superficiel et les remontées de chaleur liées à une réalimentation profonde (sous le niveau de la mer), ont pu conduire à une expansion thermique de ces fluides hydrothermaux, à l’origine de l’inflation observée au cours du mois (~1ère quinzaine du mois).

 

GÉOCHIMIE DES GAZ, CONCENTRATIONS EN CO2

 

Emissions sommitales du Piton de la Fournaise : persistance de la présence de faibles concentrations en H2S et parfois SO2 dans l’air au niveau du sommet du volcan.

– Concentrations en CO2 dans le sol au niveau du gîte du volcan : concentrations intermédiaires. Comme pour les déformations, les mesures de CO2 ont été impactées par les mauvaises conditions météorologiques de la 1ère quinzaine du mois. Les prochaines mesures seront donc à suivre.

 

BILAN

 

L’ensemble de ces observations montre pour le mois de janvier :

– une ré-alimentation profonde en magma (sous le niveau de la mer) qui se maintient

– une pressurisation du réservoir magmatique superficiel qui reste faible

– une activité hydrothermale superficielle importante la 1ère quinzaine du mois en lien avec les fortes précipitations.

 


 

La route de la Plaine des Sables fait peau neuve

 

 

Environnement. Depuis hier matin, camion benne et autre niveleuse se retrouvent en plein cœur du parc national
pour l’entretien, par les agents de l’ONF, de la route forestière de la Plaine des Sables. Un entretien nécessaire en attendant le projet régional d’un enrobé définitif prévu pour 2019.

Au revoir nid de poule voire «nid d’autruche » com-me aiment appeler les agents de l’ONF les énormes trous qui jalonnent la célèbre route de la Plaine des Sables. Depuis hier matin, sous le regard du responsable de l’unité territoriale sud de l’ONF, une petite dizaine d’agents s’active au cœur du parc national pour effectuer son entretien bi-annuel. « On refait la plateforme de la chaussée qui a beaucoup souffert suite aux pluies hivernales, mais également au surcroit de fréquentation lié à l’éruption du 14 juillet qui a duré presque deux mois, indique Pascal Arnould, le responsable sudiste. On a eu près de 30 000 véhicules supplémentaires à la moyenne annuelle qui est entre 300 et 350 000 véhicules par an. »

Certes le public venu nombreux assister au spectacle du volcan est l’une des conséquences de cette dégradation, mais les agents de l’ONF souhaitent aussi mettre l’accent sur les limitations de vitesse (40km/h) non respectées. « On a des voitures qui roulent à 90 voire 100km/h. Ces matériaux, le basalte et le scorie, n’ont pas de liant hydraulique dedans. Le fait que les véhicules roulent vite, provoque des arrachements de matériaux, explique Pascal Arnould. On a alors un phénomène de taule ondulée qui se produit et suite à cette taule ondulée se forment les nids de poule. » D’ailleurs l’ONF n’oublie pas dans son entretien de réaliser des ralentisseurs sous la forme de revers d’eau en terrain naturel sur la voie entretenue.

Un mélange validé par le parc national

Chaque année, l’ONF est alors contraint d’entretenir la chaussée du Pas des Sables au Pas de Bellecombe qui n’est pas recouverte, comme l’est sa grande sœur qui traverse la forêt des cryptomérias en amont par un enrobé coloré. Pour conserver les caractéristiques paysagères, les responsables optent alors pour «  un mélange de granulats qui permet de fermer la chaussée. Sa particularité est d’être composée de 80% de basalte dur de couleur ocre marron noir et de 20% de scories teintées de rouge chocolat. Ce mélange a été validé par le parc national puisque la route forestière se trouve en plein cœur du parc. » Le travail consiste à scarifier la route, la remettre à niveau avec la niveleuse et effectuer un apport de 500 tonnes de matériaux sur l’ensemble du linéaire soit 5,6km. Seulement deux jours de travail seront nécessaires en attendant le projet d’un «enrobé» plus pérenne qui se trouve entre les mains de la région.

« Le projet est dans les mains de la région grâce au fond d’intervention routier de la région, ils ont un enveloppe budgétaire de 6 millions. Les travaux pourraient commencer en 2018/2019 », souligne Pascal Arnould. Ce que le directeur des études et des grands chantiers à la Région avait confirmé fin août (ndlr : édition du  27 août 2017) : « Le projet est bien avancé, avait précisé Arnaud Claude à la région. On ne souhaite pas mettre un enrobé coloré comme il y a avant l’arrivée sur cette portion de route. On va opter pour un béton désactivé qui permet une meilleure adhésion sur ce sol. »  Pour un coût de 6 millions d’euros, financé par la région et les fonds européen, la consultation des travaux devraient être lancés en 2018 pour un début de réalisation en 2019 et une livraison en 2020.

(Article de Véronique Tournier [email protected], pour notre partenaire Le Journal de l’île de la Réunion)

UNE RANDONNÉE FACILE AVEC DE TRÈS BEAUX POINTS DE VUE

 

Cette belle promenade au cœur du massif de la Fournaise est accessible depuis le Pas des sables qui se trouve en surplomb de la plaine des sables ( à droite avant de descendre les lacets ).
Cette balade vous promène dans l’histoire de la volcanologie réunionnaise car vous apercevez toutes les étapes de son évolution :

  • Le Piton des Neiges ( création de l’île il y a 3 millions d’années )
  • Le Piton de la Fournaise ( né il y a 350 000 ans )
  • Entre les deux, l’effondrement du premier sommet du Piton de la Fournaise qui donna naissance à la vallée de la Rivière des Remparts ( 200 000 ans )
  • Un second volcan émerge et disparaît à son tour ( 60 000 ans ) , il provoque une deuxième caldeira ( côté rivière de Langevin )
  • Ce phénomène se répète une troisième fois il y a 5000 ans , l’enclos Fouquet apparaît.

11 km
facile
3 h 30





      • DEPART : PAS DES SABLES
        ( prendre le sentier de gauche ) altitude 2350m
        Le chemin longe tout le temps la Plaine des Remparts et permet de dominer la Plaine des sables. Cette balade est pratiquement plate jusqu’au sommet car le dénivelé positif n’excède pas les 53 mètres ! on marche sur les scories , la végétation d’altitude se limite aux brandes.

     

      • LE MORNE LANGEVIN
        ( à côté de l’antenne , altitude 2403 mètres ) – 1h30 de marche.
        Depuis le belvédère, on domine le village de Grand Galet 1200 mètres en contrebas, ainsi que le Plateau de Grand Coude au centre de la Rivière des Remparts et de la Rivière Langevin, et St Joseph en bord d’océan.

     

      • LA FALAISE DE MAHAVEL
        altitude 2320 m  – 2h15
        Joli point de vue sur l’effondrement et la Rivière des Remparts
        En continuant son chemin, on peut se rendre au deuxième belvédère de la Falaise de Mahavel, mais ce sentier dangereux est actuellement interdit au public ( en 1965, effondrement de quelques 15 millions de m3….. ), il faut se renseigner pour savoir si l’accès sera à nouveau autorisé.

     

      • 3ème ETAPE ( facultative ) : LA CAVERNE DE COTTE
        altitude 2245 m  – 3h
        L’ accès se trouve sur votre gauche. COTTE était un esclave marron célèbre qui vivait seul dans cette grotte, en cas de pluie cela peut dépanner…

     

      • RETOUR AU PAS DES SABLES
        On rejoint le chemin initial qui mène au parking.

 

Vendredi 14 juillet 2017 : Deuxième éruption de l’année !

 

 

 

Depuis le 2 juin, la Fournaise est en vigilance volcanique, nous savons donc qu’une éruption est possible à court terme….

Le 13 juillet en soirée, dés 22h10 heure locale, l’observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise enregistre une augmentation nette de la sismicité et depuis 22h20 une crise sismique s’accompagnant de déformation rapide. Ceci indique que le magma est en train de quitter la chambre magmatique et monte vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance.

Dans ces conditions, le préfet de la Réunion décide de déclencher l’alerte 1 : « éruption probable ou imminente » du plan ORSEC à 22h30. Le trémor éruptif  apparaît aux alentours de 00h50 le 14 juillet 2017: L’ERUPTION DEBUTE !

Elle se situe sur le flanc sud du volcan, à l’intérieur de l’Enclos. Visible depuis le Piton de Bert, cette troisième éruption de l’année 2017 localisée vers le Piton Chateau-Fort (cf notre carte ci dessous) est donc facilement visible en suivant le sentier du Piton de Bert.

 




Il faut prendre la route du volcan et monter en direction de la Plaine des sables, et s’arrêter au Parking de Foc Foc (il y a beaucoup de voitures, on ne peut pas se tromper). Ensuite, prendre le sentier qui vous mène au Piton de Bert; ce sentier est plat, bien balisé, donc très accessible au public (1h30 de marche environ).

Depuis le 17 juillet, le trémor volcanique ne cesse de fluctuer; on observe en premier lieu des regains d’activité, puis une baisse progressive mais régulière.  Depuis le 2 août, l’activité n’est pour ainsi dire plus visible en surface :

  • Il n’y a presque plus de projections aériennes
  • Les rivières de lave se font en tunnel

On voit avant tout des fumerolles, et parfois des rougeoiements (si on a un peu de chance!). L’éruption continuant, l’enclos est évidemment INTERDIT AU PUBLIC. Première conséquence, on ne peut aller randonner au Dolomieu.


Fin de l’éruption : 28 août 2017

 

L’éruption débutée le 14 juillet 2017 (00h50, heure locale) s’est poursuivie jusqu’au 28 août 2017 (03h00, heure locale), date à laquelle le trémor volcanique (témoin d’une activité de surface ou de faible profondeur) a disparu des enregistrements sismologiques de l’OVPF. L’activité sismique, la déformation de l’édifice et le dégazage enregistrés au cours du mois d’août 2017 ont ainsi été principalement associés à cette éruption.

Au cours des 45 jours d’éruption, du 14 juillet – 28 août 2017, moins de 10 millions de m3 de lave ont été émises en surface. Le champ de lave associé à l’éruption a très peu évolué au cours de l’éruption. L’extension maximum a été atteinte dès les premiers jours de l’éruption, avec une longueur maximale de 2.8 km. Par la suite la coulée s’est légèrement élargie mais la croissance s’est principalement faite par un épaississement du fait d’une activité majoritairement en tunnels de lave et de débits extrêmement faibles.

Ci-dessus : Evolution de l’extension du champ de lave au cours de l’éruption,
déduite de l’étude d’images satellites radar. (© OVPF/IPGP)




Un grand merci aux nombreux photographes qui nous ont envoyé de très beaux clichés !




 

 

 

JACE


Jace est un graffiti-artist français, originaire de la ville normande du Havre, il vit aujourd’hui à la Réunion.

Il est l’auteur des gouzous, petits personnages que l’on trouve dans les rues des villes et au bord des routes. Spécialisé dans le détournement d’affiches publicitaires, il a exposé ses œuvres aux quatre coins de la Réunion et du monde à plusieurs reprises depuis 1996. Il a également publié à compte d’auteur plusieurs ouvrages où l’on retrouve sous forme de photographies le travail exécuté sur le terrain. La qualité de ses œuvres lui a valu plusieurs publications dans différentes revues internationales.

Ses influences: Multiples ! Bande dessinée, graffiti, peinture pop …

Quels messages derrière ces petits personnages ? “Des messages poétiques, politiques, sociaux, écologiques, ça dépend de l’humeur du moment, de l’endroit, de ce que j’ai mange le midi ! …”

“Lorsque La Réunion découvre son personnage fétiche, le gouzou, Jace endosse illico l’étoffe d’un extra-îlien. Nous sommes en 1992, il n’a pas encore fêté son vingtième printemps austral, la voie qu’il choisit se révèle être la bonne. Le graffeur confidentiel de la fin des années 80 est aujourd’hui considéré comme l’incontournable défricheur du street art ultramarin. Toujours basé sur son rocher volcanique de l’océan Indien, Jace saute la mer dès qu’il le peut. Une vingtaine de pays sont en ce début de siècle estampillés du sceau gouzou. Etats-Unis, Madagascar, Chine, Luxembourg, Brésil,… le Réunionnais lance un défi tourbillonneur à l’ordre établi géopolitique. Vecteur frénétique d’amour et de poésie, son style et son message reflètent avec une justesse exaltée sa culture multi-ethnique, son appétit voyageur, sa soif de partage avec ses congénères. Ce qui ne l’empêche en aucun cas de cultiver un goût pimenté pour la ”moucate” (moquerie) et la joie de vivre. Mais toujours dans une démarche inconditionnellement gouvernée par un sens tranché d’humilité et de tolérance. Le propre des grands.”

source : site internet mathgoth.com

Création récente à Bois court, triste reflet de notre actualité…

Pour en savoir plus :

http://bestofjace.blogspot.com//

https://https://www.facebook.com/pages/JACE/81319567629

Les mémoires de JULES -OSCAR VITRY

 

 

Le 22 avril 2014, nous avons eu le plaisir de rencontrer Monsieur Vitry, un octogénaire « au bon pied » parmi les très rares natifs du Tremblet (dernier village avant l’enclos du volcan). Avec son fils, il nous a invité avec beaucoup de gentillesse dans sa case située à quelques centaines de mètres de la route des laves.
Voici quelques extraits d’une discussion informelle autour d’un bon café, riche en émotions et en vieux souvenirs…

Fournaise.info :
Monsieur Vitry, nous aimerions savoir comment les réunionnais vivaient le volcan autrefois. Aujourd’hui, le volcan est devenu un spectacle fascinant, mais avant ce n’était pas le cas. Le volcan était il plus dangereux ?

M.Vitry : C’était plus que dangereux ! on n’avait pas de radio ni de météo. Aujourd’hui la radio elle annonce la sortie de la lave, mais nous avant on était surpris ! parfois j’entendais le volcan péter ! (expression créole pour dire qu’il est en éruption !), la nuit on voyait les lueurs dans le ciel mais le jour on ne voyait pas du tout ! le soir la grosse rougeur apparaissait dans le ciel, mais le jour !…

F.I Mais il n’y avait personne qui vous prévenait ? même pas le Maire ?

M.V Mais le Maire, il était aussi ignorant que nous !

F.I Aujourd’hui on a du mal d’imaginer cela…

M.V Ben oui! comme là par exemple, s’il y a une éruption, qui connaît avant ? ce sera les « grands Messieurs » (les chercheurs et les têtes pensantes), la météo là-bas et nous on reçoit ça par la radio.

F.I Donc à chaque fois vous aviez peur quand ça commençait à péter ?

M.V En ce moment par exemple, moi je n’ai pas peur. Vous savez pourquoi j’ai pas peur ? parce que là-bas, les supérieurs (les spécialistes) ils savent avant nous, et s’il y a une urgence, le panier à salade (les gendarmes !) il vient et il nous déloge ! (rires!!)

 

Son Fils (55 ans) Lors de la coulée de 1986, moi je ne travaillais pas encore à l’ONF (Office National des Forêts). Je travaillais dans une plantation de canne à sucre, un petit peu plus haut là. J’avais le tracteur et tout le matériel qu’il fallait pour la plantation de la canne. Le jour où ça a passé (la lave est arrivée) j’étais en train de faire des trous pour planter des cannes, car avant on plantait à la main. J’étais encore là-haut, et il y a quelqu’un d’ici qui est monté pour me dire « eh attention, là il faut descendre et vite ! » Et bien là où j’ai planté, ça a été bouché par la lave, j’ai juste eu le temps de courir ! En plus de ça, à l’époque, nous avions deux maisons la haut. Une grande maison, et une plus bas que j’étais en train de construire avec ma femme.

F.I à quel endroit ? S.F à Citron Galé. Moi j’étais en train de construire la maison et ma femme me donnait un coup de main. La lave est arrivée et a tourné autour de la maison, les murs ont été tout tordus ! Moi je voulais retourner pour habiter dans ma maison, mais l’assistante sociale elle n’a pas voulu. Elle a dit Non, on va refaire une autre maison pour moi. F.I Et cette maison, elle existe encore ?

S.F Oui elle existe encore. Moi on m’a défendu de rester dedans mais il y a quelqu’un d’autre qui l’habite.

F.I Mais elle était à vous cette maison !

S.F La maison elle était à moi, mais j’en ai eu une autre en échange, alors j’ai pas cherché à savoir ! j’ai été indemnisé et voilà !

M.V Et puis il avait pas tellement envie non plus ! du moment que le volcan était passé et qu’il avait bordé la maison, lui il avait une petite maison tranquille…

S.F Et même la coulée 2007. La coulée 2007 elle est passée, et moi à l’époque j’allais le samedi et le dimanche pour planter un peu de palmier, de vacoa, tout ça… La lave est passée et elle est montée (fontaines de lave)… et elle est retombée ! J’ai tout perdu, 2000 pieds de palmistes, et les vacoas. J’ai essayé de revendre les vacoas, mais ils étaient pleins de sable dedans…

FI Nous avons pris des photos après l’éruption de 2007, et c’est incroyable comme tout était gris. Brûlé par des pluies acides…

 

Végétation du Tremblet en novembre 2007

 

S.F Ah ben on a perdu, on a perdu… Quand les gens disent « Ah Saint Philippe c’est joli ! » Oui c’est joli vraiment, mais moi personnellement je n’aime pas parce que ça m’a coûté cher. On n’a pas été indemnisé parce que il faut être assuré, et moi je ne faisais ça que le week-end ! Ce fut donc une perte sèche… Nous on était logé dans l’école du centre, en bas, on y a dormi quand même près de 15 jours et pendant ce temps les graviers tombaient sur le toit des cases en tôle !

F.I Et les derniers jours, il y avait des fontaines qui menaçaient de sortir de l’enclos ?

S.F Nous on travaillait pour refaire des sentiers, mais la lave elle montait… Et là-bas, il y avait au moins 80 à 90 mètres de haut ! là, il n’y a plus rien ! j’ai regardé

F.I C’était si haut que ça ?

M.V Ah oui ! c’était très haut. Il faut savoir une chose : à Piton Sainte Rose, Saint Gilles, Petite Ile, la Plaine des Palmistes… la terre a de la valeur. Mais nous ici, on fait une maison, elle est à nous. Mais si la lave passe, on n’a plus rien ! on est dans une zone rouge (zone à risques éruptifs, donc pas assurable) et on a la trouille…

 

 

F.I Mais vous n’avez pas une assurance pour la maison?

M.V Ah malheureux ! si c’est votre première maison que vous avez construite en dur mais si vous l’avez construite vous-même ? Et puis la lave quand elle reviendra….

S.F Moi je pense que la prochaine fois, elle passera ici…parce que là-bas, il n’y a plus de rempart, il n’y a plus d’enclos. Si c’est la même chose, il sera obligé de reverser par ici. Parce que là, c’était vraiment la plus forte éruption, on n’a jamais vu ça à la Réunion !

F.I Ceci dit, depuis 2007 on a quand même une période plus calme…

S.F Oui quand même. (silence) Mais on ne sait pas, on ne sait pas…. Il peut être bien gonflé dessous et puis… (rires)

F.I Oui pour vous, c’est une crainte quotidienne…

S.F Ben oui ! pas tous les jours vous imaginez bien, mais quand on passe comme ça, on y pense. Aujourd’hui on est là, mais demain matin si ça se trouve on ne sera plus là… Si on pense à nos biens, même si on n’a pas beaucoup de biens, on ne sait pas ce qu’on peut transmettre à nos enfants !

M.V Parce que si ça revient, la commune elle ne laissera personne dans la rue, elle va nous reloger à l’intérieur, à l’extérieur, une petite case…. mais c’est pas ça ! du moment que l’on est habitué…

S.F C’est pas pareil, c’est pas pareil… parce que nous ici, on a un poulet, on peut le mettre là, on peut le mettre dans la cour, on peut soigner le poulet. Si on a un p’tit cochon, derrière la maison, ben y mange comme ça. Mais là bas dedans, on n’aime pas ça, on n’est pas habitué à rester dans les grands bâtiments…

Le jardin

le café ” Bourbon pointu

Les fruits de la passion…

F.I Vous êtes habitués à vivre à la campagne…

M.V Oui oui ! Une fois j’étais parti 6 mois chez ma sœur à la Plaine des Palmistes. J’étais parti pour lui donner un coup de main bénévolement. Mais ça fait drôle pour moi, si je ne vois pas la mer. Ici je respire mieux !

F.I Vous avez un petit potager ici ?

M.V Ah Oui ! on a des longanis, on a des letchis, on a du Jacques, on a du coco , on a de tout !

F.I Et en 2007, ça a été abîmé ici ?

M.V ça a été abîmé un peu, mais ça passait encore.

F.I Et sinon, il y a eu une grosse éruption en 1948 ?

M.V Oui c’était au Grand Brûlé. C’était pratiquement la première coulée que je voyais, j’avais 18 ans. Mon Papa avait de la vanille, l’éruption a commencé à 2h du matin et l’après-midi elle est allée à la mer ! Il y avait une petite citerne vers la maison. On est parti voir vers 2h du matin, elle était partie avec !

F.I Et à l’époque, il y avait déjà du monde qui venait voir ?

M.V Non pas beaucoup, car il n’y avait pas de transport ! il y avait la charrette bœuf mais le temps qu’ils arrivent et c’était fini ! (rires) il y avait quelques badauds, ils venaient à pied, ils ne pouvaient pas faire ça tous les jours. Aujourd’hui c’est différent, quand le volcan i pete , ils viennent de Piton Saint Leu, Saint Louis, le Tampon… les voitures sont partout, il y en a au moins 3 kilomètres !

Une charrette bœuf comme il n’en existe plus beaucoup…

F.I Monsieur Vitry, dans toutes les éruptions que vous avez pu voir, il n’ y a jamais eu d’éruptions mortelles?

M.V Quand on était jeune, on n’approchait pas. On n’avait pas non plus d’appareil photo ! Le Père quand il faisait la messe, il demandait pour que le volcan il ait pitié et pour qu’il faiblisse. Mais quand il y a des curieux, il y a danger. Mais par contre en 1948, le volcan il était pas complètement refroidi là. Et notre vanille, les gens de Saint André et de Saint Benoit ils venaient la chercher. On prenait les sacs de vanille sur la charrette et on allait jusqu’à la coulée du volcan ; bon, ils prenaient le sac sur la tête et ils marchaient à pied. Le transport il attendait de l’autre côté de la coulée du volcan et il y avait 3 coulées ! Ils n’avaient pas de souliers non plus, ils avaient des souliers gonis (toile de jute autour des pieds…). Ben, y avait un Monsieur lui, il est passé avec son sac vanille. Il devait avoir 45 à 50 kgs sur sa tête, il a taté taté taté avec son pied pour partir. Le dessus il était en plaquette (c’était dur) mais en dessous l’était en sirop (c’était liquide…) La plaquette a sauté, lui il a coulé sans le sirop !

F.I Et il est mort ?! M.V Ah ben oui ! to to to to to to……… il est parti.

F.I Mais les gars, ils étaient obligés de passer par-dessus les coulées? S.F Ah oui, quand la récolte elle est avancée, il faut la traiter (ça ne peut pas attendre)

M.V Alors on a perdu beaucoup de vanille. Le peu qu’il restait, quand le volcan il a commencé à refroidir, les gens partaient avec une masse, une barre à mine…pour faire un chemin. Ils n’avaient pas de matériel ! Aujourd’hui ? le bulldozer il rentre la dedans et la semaine prochaine c’est bon ! Avant on faisait ça à la main, c’était dur hein ! il a fallu un an. F.I Un an pour rouvrir la route ?

M.V Ben oui, mais y avait 3 coulées! F.I Pour vous Monsieur Vitry, quelles ont été les coulées vraiment marquantes ? celle de 2007 ? M.V Ah oui 2007. Le volcan a commencé à peter, et la lave approchait approchait approchait… Mais vers 10 heures et demi 11 heures, les pompiers sont montés avec la voiture de la commune pour nous dire « rattroupez vos affaires et vos proches » et après on a été hébergés par la municipalité.

F.I Ce qui devait être pénible pour vous, c’était cette foule tout le temps présente la autour…

M.V Non, c’était fermé. Personne ne pouvait rentrer. Moi ce que je trouvais drôle ? ben, la route était fermée, nous on était dans l’école centrale en bas, y’avait les militaires pour faire la garde là. Mais les maisons elles ont été bien visitées (vols dans les maisons…)! ils passaient par la mer ou par la forêt. Les militaires montaient la garde pour les badauds, et le Maire a dit « ceux qui ont des poules des cabris ou des cochons, on va leur apporter du ravitaillement ». Et 7 ou 8 jours plus tard, il y a un délégué qui est sorti du bas et qui a donné dans les cours. Mais quand on est revenu là, il manquait beaucoup de choses ! on a été bien visités… ah oui, il manquait beaucoup de choses. Je ne sais pas par où ils sont passés…

F.I C’est terrible …

M.V Moi après je ne sortais plus ! Je préférais rester là. Redescendre là-bas pour faire quoi ? Le Père il a dit « on va faire une messe pour prier, pour faire revenir… (leurs biens) mais nous on est remonté mais on avait été dévalisés. F.I ça aurait pu être des gens d’ici ?

M.V Ben non, les gens d’ici ils étaient tous partis comme nous. Tous les gens d’ici, du Tremblet jusqu’à 2 ou 3 kilomètres vers Takamaka, ils étaient à Saint Philippe. Là-bas il y avait une cantine pour nous, on est resté au moins 12 jours…

F.I Sans jamais revenir ici ?

M.V Défendu ! certains ils voulaient remonter, halte là !! une fois, deux fois !! (éclats de rire…) Ah l’était comique… à vos ordres mon capitaine !!!

F.I Et avant 2007, il n’y a jamais eu de situation analogue ?

M.V Avant 2007, on est parti voir la coulée de Piton Sainte-Rose. En 1977, Moi avec un camarade on est partis en bicyclette. L’est pas bien loin Sainte-Rose (quand même 30 kilomètres…) Quand on est arrivé, le volcan il était…. Y avait un grand pont en béton et une boulangerie. Le volcan il a tordu (la coulée a tourné) et il a formé un petit bras. Le pont il était encore en place. Après avec la charge, il a gonflé, il a gonflé, il a gonflé….. Nous on a vu, le pont la bobé la bobé la bobé (il s’est bombé….) la monté la monté la monté…. Et PAF la peté ! plus de béton, il est parti à la mer. Et devant l’église Sainte-Rose là-bas ? la lave elle est descendue et elle a tourné autour de l’église mais elle est pas rentrée dans l’église ! c’est un miracle, le Bon Dieu il l’a préservée….

NB : Monsieur Vitry nous a raconté avec passion et humour ses souvenirs parfois dramatiques, nous vous proposons d’écouter un extrait de cette conversation en créole, pas toujours facile à comprendre quand on est un « zoreil » (métropolitain qui comprend difficilement le créole…et qui tend donc son oreille !).

ÉCOUTER UN EXTRAIT DE L’INTERVIEW

 

 

 

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Un grand merci à TIMAOUL pour sa magnifique photo du volcan en éruption en octobre 2015 (page d’accueil) et à tous les photographes qui nous confient gracieusement leurs clichés, à l’Observatoire de volcanologie (Aline Peltier et Philippe Kowalski) pour leur disponibilité, RANDO-VOLCAN (Vincent Cheville et Rudy Laurent) nos précieux guides passionnés, le Journal de l’Ile de la Réunion avec lequel nous sommes en partenariat depuis 2002, nos amis François Martel-Asselin et Jean Luc Allègre qui nous ont beaucoup aidé au fil de ces 20 années d’existence.

 

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