FOURNAISE.INFO
FÊTE SES 20 ANS !

Lundi 7 décembre
UNE ÉRUPTION ÉPHEMERE!

 

Photographie de Philippe Seychelles

 

Avant d’aborder cette éruption très furtive, il est important de regarder ce qui s’est passé depuis le début de l’année 2020. Une année compliquée dans tous les domaines, et la Fournaise ne fait pas exception!

Pour commencer, 2 éruptions: une en février qui a duré 7 jours, et la deuxième en avril qui ne durera que 5 jours. Et ensuite? Pendant les 6 mois qui suivront, on aura de nombreuses alertes…sans suite!

LA FOURNAISE SEMBLAIT RENDORMIE…

 

 

Photographie du mois de juin (l’hiver à la Réunion) :Philippe Seychelles

 

REPRISE DE L’ACTIVITÉ DEPUIS LA MI-JUIN

 

Depuis le 16 juin plus exactement, une reprise de la sismicité est observée sous le Piton de la Fournaise. 18 séismes volcano-tectoniques superficiels (< 2 km sous le sommet) sont enregistrés sous la zone sommitale entre le 16 et le 22 juin derniers. Cette sismicité est accompagnée d’une reprise de l’inflation (gonflement) de la base et du sommet de l’édifice du Piton de la Fournaise. Pour les chercheurs, l’explication est simple : la pressurisation du réservoir magmatique superficiel localisé aux alentours de 1,5-2,5 km sous le sommet.

De plus, les flux de CO2 dans le sol en champ lointain (secteurs Plaine des Cafres et Plaine des Palmistes) qui avaient atteint des valeurs maximales à la fin de l’éruption du 2-6 avril 2020, continuent de diminuer, en accord avec des remontées profondes de magma vers les zones plus superficielles du système d’alimentation. Même si la tendance est à la baisse, les valeurs absolues du flux de CO2 par le sol restent très élevées.

Comme l’a si bien dit Aline Peltier, Directrice de l’observatoire de volcanologie de la Plaine des Cafres : « ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompe, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et à une éruption … mais il peut également s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption. » Cette dernière hypothèse sera la bonne …

 

PASSAGE EN ALERTE 1 LE 3 JUILLET

 

L’OVPF enregistre dès 7h35 une nouvelle crise sismique, mais elle s’achève à 8h. Cette crise est accompagnée d’une déformation rapide. Ceci indique que le magma est en train de quitter le réservoir magmatique et se propage vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures. Mais il n’en sera rien, la sismicité décroit petit à petit, et le Préfet décide un retour en phase de vigilance le 8 juillet ; ce n’est pas encore pour ce coup-ci !

 

20 SEPTEMBRE : REGAIN D’ACTIVITÉ…

 

Depuis cette date, une reprise de la sismicité est observée sous le Piton de la Fournaise. Entre le 20 et le 22 septembre, 21 séismes de magnitude inférieure ou égale à 1 sont enregistrés et localisés sous le cratère Dolomieu entre 1,7 et 2,2 km de profondeur. Cette sismicité est accompagnée d’une reprise de l’inflation (gonflement) de la base et du sommet de l’édifice du Piton de la Fournaise. Cette inflation de l’édifice reste d’intensité très faible. Cette sismicité et cette déformation sont synonymes d’une pressurisation du réservoir magmatique superficiel localisé à environ 2-2,5 km sous le sommet.

 

28 SEPTEMBRE : CRISE SISMIQUE SANS PRÉCÉDENT !

 

Une crise sismique très importante débute à 12h04, heure locale. Entre 12h04 et 21h30, plus de 1300 séismes sont enregistrés par l’OVPF. Cette sismicité est localisée sous la zone sommitale et sous le flanc est (entre 1,6 et 5,2 km de profondeur). La sismicité et la source des déformations montrent une migration du magma en profondeur vers le flanc est du volcan.

 

Source OVPF-IPGP

 

« A noter qu’au Piton de la Fournaise, plus les crises sismiques sont longues, plus les fissures éruptives s’ouvrent à basse altitude. De ce fait l’ouverture de fissures éruptives à basse altitude n’est pas exclue » (communiqué de l’OVPF) Au total, 2235 séismes sont enregistrés par les chercheurs tout au long de ce phénomène qui s’achève le 30 septembre à 12h : tout le monde est déçu, la violence de cette crise sismique ne faisait aucun doute…et pourtant il ne se passe rien !

Depuis la mi-octobre, on enregistre à nouveau de la sismicité (33 séismes le 16, 6 le 17 et 6 le 18). L’observatoire de volcanologie reste sur le qui-vive car notre volcan n’a pas fini de nous surprendre ; la montée en pression de la Fournaise a belle et bien été observée, une éruption semble donc probable. Là encore, nous nous trompons, le mois de novembre sera très très calme: 4 séismes en 30 jours!! Personne n’oser plus se lancer dans les pronostics…





VENDREDI 4 DECEMBRE 
PASSAGE EN ALERTE 1 : Éruption probable à brève échéance

 

L’observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) enregistre depuis 5h10 une nouvelle crise sismique. Cette crise est accompagnée de déformation rapide. Le magma est en train de quitter le réservoir magmatique et se propage vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures (nous l’espérons!)
Pour la troisième fois de l’année, le piton de La Fournaise connaît hélas le même phénomène d’intrusion magmatique suite à une crise sismique importante : la lave sort du réservoir superficiel magmatique en profondeur, remonte mais n’atteint pas la surface faute de pression. C’est donc encore avorté!

 

LUNDI 7 DECEMBRE: REBONDISSEMENT!

 

Une crise sismique débute à 2h28 heure locale, le trémor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 4h40 environ. Les premières observations réalisées par l’Observatoire volcanique du Piton de la Fournaise (OVPF) constatent de nouvelles fissures ouvertes sur le flanc ouest du volcan et les premières laves sont visibles autour de 5h du matin.
En fait, il y a 3 fissures visibles depuis le chemin qui mène au Piton de Bert; à une altitude comprise entre 2300 et 2190 m et sur une distance total d’environ 700 m.

 

Les fontaines de lave spectaculaires dépasseront rarement les 15 mètres de hauteur, l’activité va d’ailleurs rapidement décroitre… et l’on se posera très vite la question de savoir si l’éruption tiendra toute la journée! Dans l’après-midi, les fontaines ont bien fléchi, et sont très peu alimentées.

L’intensité du trémor volcanique (indicateur de l’intensité de l’éruption) après une phase d’augmentation en début d’éruption, est en baisse depuis 6h (heure locale, 2h heure TU), même si cette baisse diminue depuis 9h15 (heure locale, 5h15 TU ; Figure 1)., ce mardi 8 décembre. A 15h heure locale, la fissure la plus haute en altitude est alors la plus active avec la formation de 5 petites bouches éruptives. Les deux fissures les plus basses montrent une baisse d’activité notable…

Merci à notre ami photographe Philippe Seychelles pour ce partage

MARDI 8 DECEMBRE A 8H
FIN DE L’ERUPTION!

 

Communiqué de l’observatoire de volcanologie: « L’éruption qui a débuté la veille s’est arrêtée le lendemain vers 7h15 heure locale, suite à une baisse progressive du trémor et une phase de 3 heures de « gaz piston » au niveau du site éruptif (bouffée de gaz ou trémor intermittant) qui sont généralement observés lorsque la quantité de gaz disponible s’épuise, et souvent synonyme d’une décroissance d’activité en surface. Plus aucune activité de surface n’est observée mais aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité ailleurs), une sismicité étant toujours enregistrée sous le sommet du volcan. »
Cette éruption très courte dans l’histoire de la Fournaise n’a rien d’exceptionnel. On attend depuis longtemps une belle éruption…qui se jette dans l’océan Indien; il nous faudra encore patienter!
Ce qui est certain, c’est qu’au vu de la sismicité importante de ces derniers mois, les éruptions n’ont pas permis d’évacuer de gros volumes de lave, notre volcan ne devrait donc pas en rester là…





Plan pour vous situer dans la région du volcan

 

NIVEAU D’ALERTE PHASE DE VIGILANCE

Accès à l’enclos du Piton de la Fournaise OUVERT

Ouverture de l’enclos samedi 19 décembre 8 h.

 

Suite aux constatations de l’observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), lors de la reconnaissance effectuée le 17 décembre 2020 avec le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’office national des forêts (ONF) et le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), le préfet de La Réunion a décidé de revenir en phase de vigilance du dispositif spécifique ORSEC* du Volcan du Piton de la Fournaise à compter du vendredi 18 décembre.
L’interdiction d’accès du public à la partie haute de l’enclos du Piton de la Fournaise est levée à compter du samedi 19 décembre à 8h00.
Une inflation de l’édifice volcanique montre une mise en pression du réservoir magmatique superficiel. De ce fait une éruption à moyenne échéance n’est pas totalement à exclue.
En conséquence, tous les arrêtés d’interdiction d’accès sont levés, à l’exception d’une partie du sentier Rivals qui reste interdit, 300 mètres (Nord-Nord-Ouest) avant d’accéder au cratère du Caubet.
Le public devra se conformer strictement aux prescriptions et consignes figurant sur les panneaux d’information et d’avertissement affichés sur le site.




De très belles images des dernières éruptions …

Un grand merci à nos amis photographes qui partagent leurs plus beaux clichés : Jean Luc Allègre, Dronecopters (J PAYET) , de phil en image (P SEYCHELLES), Ludovic CAFAFA





LA ROUTE DE LA PLAINE DES SABLES REFAITE A NEUF !

Jeudi 5 mars 2020

 

Photo Benoit Lincy. VolKaventure

 

L’ONF et le Département ont débuté des travaux conséquents pour remettre en état cet axe particulièrement vital très endommagé par de très nombreux nids de poule.

Ces travaux seront terminés dans quelques jours pour ne pas trop perturber les touristes qui viennent emprunter chaque jour cette route d’accès incontournable pour accéder au volcan.

Les travaux réalisés sont très importants :

  • Reprofilage à la niveleuse sur 2500 m
  • Rechargements localisés en grave 0/31,5. Quantité mise en œuvre 525 tonnes
  • Curage des fossés anti-franchissement dans la traversée de la Plaine des Sables, afin d’empêcher l’intrusion des VL.
  • Réfection généralisée de 30 revers d’eau dans les parties pentues.

La saison des pluies a fait de gros dégâts, cette réfection ne sera pas du luxe !

Le cône volcanique de l’éruption baptisé « Piton Jacques PICARD »

 

La Cité du Volcan, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise et le Parc National de La Réunion ont décidé de baptiser ce nouveau cônes au nom de « Jacques PICARD ».

« Cette première éruption de l’année 2020 est arrivée à point nommé pour fêter comme il se doit les 80 ans de Jacques PICARD, surnommé le « gardien volcan ». En effet, cette éruption a commencé la veille de son anniversaire (80 ans, le 11 février 2020). Jacques Picard fait partie de ces pionniers du Volcan qui ont contribué à faire connaître ce site très difficile d’accès jusqu’à la construction de la route du volcan en 1968.

Responsable du gîte du volcan de 1962 à 2000, cette figure emblématique de la Plaine des Cafres a accueilli, guidé et informé, durant près de 40 ans, des milliers de Réunionnais et de touristes, qu’ils soient simples particuliers, préfets ou personnalités en tout genre, telles que les célèbres volcanologues Haroun TAZIEFF, Maurice et Katia KRAFFT. »





L’ÉRUPTION DU 10 FÉVRIER DERNIER

 

L’ÉRUPTION DU 10 FÉVRIER DERNIER est désormais en ligne. Comme d’habitude, vous y retrouverez un compte-rendu synthétique et de belles photographies. Depuis plus de 20 ans, nous archivons de nombreuses données pour conserver une trace de l’histoire de notre volcan. Fournaise.info, c’est aussi la médiathèque, les balades autour du volcan, les activités des scientifiques et de nombreuses vidéos spectaculaires…
(Photographie Philippe IGLICKI, que nous remercions).








Plan pour vous situer dans la région du volcan

 

JEAN-LUC ALLEGRE
60 ans…ça se fête!

 

Notre rencontre avec Jean-Luc ne date pas d’hier… en 1998, nous prenions contact avec lui, un peu par hasard, au détour d’un chemin sur lequel il nous arrivait de nous croiser à Saint Gilles. A l’époque, ce photographe déjà renommé nous avait reçu avec beaucoup de gentillesse, alors que notre site n’en était qu’à ses balbutiements. Il mit à notre disposition de magnifiques photographies qui nous aidèrent à débuter. Comme c’est souvent le cas avec les vrais amis, on peut rester de longues périodes sans se voir (il voyage et travaille beaucoup) mais quand on se retrouve, c’est comme si l’on ne s’était pas quitté!

Jean-Luc Allègre est né en 1961 à Clermont-Ferrand, au pied des volcans d’Auvergne, il passe son enfance dans le département de la Creuse. Ses origines rurales le guident assez naturellement vers des études agricoles, mais son irrésistible envie de voyager le conduit rapidement à quitter sa Creuse natale pour aller s’installer à la Réunion. Après plusieurs années de travail au sein de la Chambre d’agriculture, il occupe les fonctions de journaliste au sein de la chambre consulaire, jusqu’en 1992.

Grand voyageur dans l’âme, il met alors à profit ses congés pour découvrir le monde, appareil photo en bandoulière. Professionnel autodidacte, Jean-Luc abandonne l’agriculture en 1993 pour se lancer dans la photographie. Depuis, son activité s’articule autour de deux axes : le reportage et l’édition. Trois à quatre mois par an sont consacrés à la prise de vue, tant à La Réunion (son « camp de base » et marché « naturel ») qu’à l’étranger. Exclusivement sur la thématique « nature ».

Il collabore également, depuis 1996, de façon ponctuelle, avec Nicolas Hulot (auteur de plusieurs préfaces de ses livres), dans le cadre de l’émission de TF1 Ushuaïa Nature.

UNE GROSSE ANNÉE EN PERSPECTIVE…

 

Pour célébrer ses soixante ans, Jean-Luc prévoit de réaliser un mini tour du monde des volcans, durant le premier semestre 2021 (nous pensons qu’il attend la prochaine éruption de la Fournaise pour faire ses valises!…).

Le programme est plus que copieux et alléchant mais pour le moment prévisionnel, compte tenu de la crise sanitaire en perpétuelle évolution… Au programme, l’Italie, le Mexique, le Guatemala, le Nicaragua et le Costa-Rica; et peut-être la Nouvelle-Zélande, Hawaii et l’Indonésie si les frontières sont à nouveau ouvertes…

En attendant, sa magnifique exposition grand format en plein air itinérante “NATURE, la biodiversité dans tous ses états” est actuellement à l’affiche au jardin de l’État, à Saint-Denis, et ce, jusqu’au 1er novembre prochain. Elle sera ensuite visible du 17 novembre au 20 décembre à la Cité du Volcan, à Bourg-Murat.

 

« LA BIODIVERSITÉ DANS TOUS SES ÉTATS »

 

 

 

Jean-Luc Allègre est passionné par la nature, on imagine bien évidemment que les grands enjeux actuels le concernent au plus haut point: l’écologie, la préservation de notre planète et de sa biodiversité sont ses chevaux de bataille.

L’exposition itinérante présente l’ensemble des écosystèmes qui composent notre planète, sous toutes les latitudes, des régions polaires à l’équateur, en passant par les régions tempérées et tropicales.  34 tableaux de 1 par 2,5 m seront ainsi présentés en plein air, gratuitement, avec des explications et des textes qui donnent beaucoup de sens aux magnifiques photographies qu’il a réalisées sur les 6 continents de notre planète bleue.

 




JEUDI 2 AVRIL
UNE ÉRUPTION CONFINÉE !

 

 

 

C’est certainement une première dans l’histoire « moderne » de la Fournaise : on va assister à une éruption virtuelle, on ne la verra pas de nos propres yeux !

Le covidis-19, virus planétaire fait des dégâts à la Réunion comme sur toute la planète, et notre volcan décide de se manifester. Interdiction absolue de se déplacer depuis le 17 mars, nous devons rester confinés, personne ne verra donc cette éruption, si ce ne sont les scientifiques et les journalistes qui pourront nous montrer le spectacle par écrans interposés. Certains se poseront peut-être la question de savoir si cette éruption a vraiment eu lieu, (comme la marche de l’homme sur la lune !…) ; mais je pense que l’on peut faire confiance à Aline Peltier (Directrice de l’observatoire de volcanologie de la Plaine des Cafres) …même si le 1er avril n’était pas bien loin !

Revenons à notre volcan : depuis 2 jours, une légère sismicité est détectée mais on ne pense pas que les choses iront très vite. Une petite crise sismique de 30 mn débute le jeudi 2 avril à 8h15, puis plus rien. Le calme plat jusqu’à 12h20, on enregistre alors un trémor volcanique sans sismicité (ce qui est inhabituel) : la lave arrive !

Aline Peltier nous donne quelques commentaires intéressants : « Ce cas de figure avec une propagation sans sismicité est assez peu courant au niveau du Piton de la Fournaise. D’habitude, lorsque le magma se propage latéralement après une crise sismique, on arrive à le suivre grâce à la sismicité. Là nous n’avions pas cette sismicité du fait d’un milieu déjà fragilisé par l’éruption de février 2020 et des éruptions de 2019 qui ont eu lieu sur le même flanc. »

« Double effet surprise, sur le long terme nous avons eu deux jours précurseurs, c’est très court. Suite à l’éruption du 10 au 16 février, il n’y avait que très peu de magma émis en surface. On savait qu’il y avait du magma dans ce réservoir, mais son départ a été extrêmement rapide en moins de deux jours à partir du premier précurseur et là aussi très vite par rapport à la crise sismique survenue le matin. »

 




LOCALISATION

 

L’éruption se situe sensiblement au même endroit qu’en février dernier, c’est-à-dire à haute altitude (environ 1900 m) à 1,7 km du centre du cratère Dolomieu. Une seule fissure a été observée avec de belle fontaines de lave n’excédant pas les 30 m de hauteur.

Le débit semble modéré, mais la coulée descend rapidement les grandes pentes (inclinées à 40%…).

 

Carte de localisation du trémor éruption, le 02/04/2020 entre 13h15 et 13h30 (heure locale) (©OVPF/IPGP).

Vendredi 3 avril
UNE ÉRUPTION STABLE

 

L’activité faiblit légèrement, le front de coulée se trouve désormais à environ 1000 m d’altitude dans le haut des Grandes Pentes, et à 3,8 km de la route nationale.

Les débits de lave mesurés par les scientifiques fluctuent entre 2 et 45 m3/s avec une moyenne autour de 7-10 m3/s. L’intensité du trémor volcanique (indicateur de l’intensité de l’éruption) est relativement stable sur les douze dernières heures.

 

Dimanche 5 avril à 12h
LE FRONT DE COULÉE DESCEND BIEN…

 

Les dernières informations de l’observatoire de volcanologie sont très précises, car un vol de reconnaissance a été réalisé le matin même aux alentours de 10h30 heure locale.

Le front de coulée se situe désormais à 550 m d’altitude soit à environ 2,7 km de la route nationale 2 (contre 800 m d’altitude et 3 km de la route hier à 18h52).

Par ailleurs, les scientifiques enregistrent une augmentation des débits de lave de la seule fissure très active (15-25 m3/sec en moyenne) et une forte concentration de dioxyde de soufre à la Plaine des Cafres qui a nécessité une mise en garde de la Préfecture pour la commune du Tampon

 

Cartographie de la coulée de lave en date du 4/4/2020 à 18h52 heure locale (© OVPF/IPGP/LMV/OPGV).

 

Comme d’habitude, et sauf changement majeur, la progression du front de coulée sera plus lente du fait d’un relief beaucoup moins incliné après les grandes pentes…




Lundi 6 avril
UNE NUIT TONITRUANTE…

 

Photo Jean-Luc Allègre

 

Le communiqué d’Aline Peltier, en début de matinée, est sans équivoque : l’éruption a redoublé d’intensité cette nuit !

Les témoignages des professionnels présents sur le terrain (cf.Photo de Jan-Luc Allègre) corroborent les analyses des scientifiques qui sont très significatives :

 

  • Une forte sismicité est toujours enregistrée ; depuis la journée du 5 avril : 189 séismes volcans-tectoniques superficiels (<2km de profondeur) ont été enregistrés sous les cratères sommitaux ; on peut craindre des effondrements dans le Dolomieu…
  • Les débits de surface estimés à partir des données satellites (bien que toujours fortement perturbés par la couverture nuageuse) sont toujours à la hausse. Sur les dernières 12h, les débits moyens ont été estimés à 30 m3/s (c’est beaucoup plus que les tendances précédentes)
  • La coulée est toujours très active, malgré l’arrêt des fronts de coulées les plus au nord, l’activité se focalisant sur un nouveau bras de coulée au sud. Le front de coulée a parcouru environ 700 m depuis hier !…
  • Un fort panache de gaz recouvre la partie sommitale du Piton de la Fournaise. Des pics de SO2 ont été relevés au dessus de l’enclos Fouqué, dans les régions du Tampon de La Plaine des Cafres et de la Plaine des Palmistes .
  • Des cheveux de Pelé exceptionnellement abondants (cf. les photos de Adevo Elevage du Volcan) ont été observés dans la Plaine des sables et dans les communes précitées : le vent très fort transporte ces filaments basaltiques (comparables à de la fibre de verre) ; en roulant sur le sol, ils se sont agglomérés en énormes fagots, comme dans le grand Ouest américain !

 

Légitimement, on se met à espérer une traversée de la RN2 dans les jours prochains ; la gendarmerie de Sainte Rose décide de se rendre sur place pour un suivi régulier de son évolution, compte tenu de l’augmentation des débits de lave

 

PATATRA !FIN DE L’ÉRUPTION à 13H30 

 

Nous nous apprêtions à dire que la nuit avait été féérique et que l’activité avait été en très nette hausse… et nous apprenons soudainement que l’éruption vient de se terminer !

L’observatoire de volcanologie nous communique les informations suivantes :

  • Une forte chute de l’intensité du trémor a été observée ce jour aux alentours de 13h30 heure locale, annonçant la fin de l’éruption en surface.
  • Aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité sur un autre site), compte tenu de la forte sismicité enregistrée depuis la journée du 5/4/2020 de minuit jusqu’à 9h ce jour : avec 243 séismes volcano-tectoniques superficiels (<2km de profondeur) enregistrés sous les cratères sommitaux. Même si depuis la fin de l’éruption, l’activité sismique a considérablement diminué.

 

QUEL DOMMAGE !…

 

Suite à un vol de reconnaissance réalisé en matinée aux alentours de 10h, le front de coulée a pu être localisé avec précision. Le front actif (bras de coulée sud) se situe à 360 m d’altitude soit à environ 2 km de la route nationale 2 (contre 550 m d’altitude et 2,7 km de la route hier à 10h30 pour le bras de coulée nord).

Les images thermiques acquises la nuit précédente par une équipe de l’OVPF/IPGP ont permis d’estimer une vitesse d’avancée du front de coulée de 40-60 m/h lors de la soirée du 5 avril.

Des cheveux de Pelé exceptionnellement abondants (cf. les photos de Adevo Elevage du Volcan) ont été observés dans la Plaine des sables et dans les communes du Tampon, de la Plaine des Cafres et de la Plaine des Palmistes : le vent très fort transporte ces filaments basaltiques (comparables à de la fibre de verre) ; en roulant sur le sol, ils se sont agglomérés en énormes fagots, comme dans le grand Ouest américain !

Cette deuxième éruption de l’année 2020 nous aura au moins apporté un peu de rêve, dans une période au combien sombre de notre histoire, où l’on annonce chaque jour les centaines de morts dues au covidis-19…

 

De très belles images …

Un grand merci à nos amis photographes qui partagent leurs plus beaux clichés : Jean Luc Allègre, Dronecopters (J PAYET) , de phil en image (P SEYCHELLES), Ludovic CAFAFA









Plan pour vous situer dans la région du volcan

 

Lundi 10 février à 10h50
« PREMIÈRE ÉRUPTION DE L’ANNÉE »

 

Photo Daniel K.Cheong

 

Au mois de janvier 2020, l’OVPF enregistre beaucoup d’activité souterraine et en surface:

  • 258 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux
  • 15 séismesprofonds (à 2 km de profondeur)
  • 167 effondrements (dans le Cratère Dolomieu et au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué)

Deux crises sismiques sont enregistrées les 7 et 12 janvier, et l’on croit même que l’éruption va très rapidement débuter. Il n’en est rien, cette activité perdure encore en profondeur, jusqu’au lundi 10 février en début de matinée: une nouvelle crise sismique débute à 10h27 et va immédiatement engendrer la première éruption de l’année 2020.

Les conditions météorologiques étant particulièrement mauvaises, les chercheurs de l’observatoire volcanologique restent prudents, ils ne peuvent aller constater le phénomène sur le terrain, mais les enregistrements de l’OVPF sont formels: la lave est arrivée en surface, sur le flanc est du Dolomieu, à haute altitude.

 

Image ©OVPF/IPGP du 11 février




UN SPECTACLE DIFFICILE A VOIR…

 

Les premiers jours de cette éruption sont un peu compliqués, le temps est très mauvais (pluies et nuages abondants) et l’éruption est désormais bien identifiée à 1900 m d’altitude! on aperçoit des rougeurs et des coulées depuis la RN2 (quand on a de la chance) mais il faut bien admette que le spectacle n’est pas trop au rendez-vous.

Les chercheurs sont eux aussi « dans le brouillard » car les observations sur le terrain sont très compliquées, voir impossibles. On le saura quelques jours après la fin de l’éruption, Le 10 février, plusieurs fissures s’étaient ouvertes sur le flanc sud et sud-est; ces 2 fissures sur le flanc sud ne seront actives que les 1ères heures de l’éruption (©OVPF/IPGP).

 

 

On peut apprécier la qualité du travail fourni par les chercheurs en regardant de plus près les informations transmises chaque jour par Aline Peltier et son équipe. Voici une cartographie publiée le 12 février:

 

En rouge le contour des coulées de lave associées à l’épisode éruptif du 10/02/2020 déterminé à partir des données satellites acquises par la plateforme OI2 (Université Clermont Auvergne), en date du 10/02/2020 en soirée. En pointillé noir le contour approximatif du bras de coulée actif et visible lors du survol du 10/02/2020 13h15 (le sud et le sommet du cône terminal étaient alors sous les nuages). Pour comparaison, en vert le contour du champ de lave de l’éruption du 18/02/2019 et en bleu celui de l’éruption du 11-13 juin 2019 (© OPGC/LMV/OVPF/IPGP)

 

Il faut attendre le Jeudi 13 février pour que le beau temps revienne et que l’on puisse profiter pleinement de cette éruption, surtout la nuit. Désormais, le front de coulée stagne à une altitude de 1400 m et le débit de lave reste stable ; le seul bras Nord de la coulée (orienté vers l’est) reste actif.

L’éruption se poursuit donc avec une intensité de trémor relativement stable sur les dernières 24h.

L’amélioration des conditions météorologiques permet un accès au site éruptif à pied ainsi qu’un survol, les chercheurs font les constations suivantes:

  • Seule la coulée descendant vers l’est est encore active. Son front se situe vers 12h00 (heure locale) en contre-bas du cratère Marco vers 1900 m d’altitude, soit à environ 6,5 km de la RN2.
  • Un cône d’un moins de 30 m de haut, a débuté son édification autour des 3 évents restant actifs ce matin. Ces évents localisés à environ 2200m d’altitude, produisent des fontaines de lave modestes d’une hauteur de 10 à 15 m (au-dessus du cône volcanique en construction).

Les débits de surface estimés, à partir des données satellites via les plateformes HOTVOLC (OPGC – université d’Auvergne) et MIROVA (université de Turin), restent fortement perturbés par les mauvaises conditions météorologiques observées autour du Piton de la Fournaise. Les rares mesures effectuées, relèvent des débits inférieurs à10 m3/s.

 

Samedi 15 février

 

Une chute rapide du trémor volcanique est enregistrée à partir de 14h00 heure locale. Cependant, depuis 14h20 les scientifiques continuent d’enregistrer un trémor volcanique résiduel sur les 2 stations sismiques les plus proches du site éruptif.

Compte tenu des conditions météorologiques défavorables sur site, aucune observation visuelle ne peut être réalisée. En conséquence, il est impossible de confirmer ou non l’arrêt de l’activité éruptive du Piton de la Fournaise…

 

 

COMMUNIQUE DE L’OVPF

Lundi 17 février à 8h40

 

« Suite à l’arrêt du trémor volcanique le 16/02/2020 à 14h12 heure locale, aucune reprise n’a été constatée. L’éruption s’est donc arrêté le 16/02/2020 à 14h12. Aucun séisme n’a été enregistré depuis l’arrêt de l’éruption.
A noter qu’une acquisition satellite le 16/02/2020 à 10h35 heure locale, montrait toujours une anomalie thermique au niveau de l’évent éruptif. Cette anomalie ainsi que les bouffées de gaz persistantes lors de la matinée du 16/02/2020 indiquaient une faible activité de subsurface résiduelle jusqu’à l’arrêt définitif du trémor à 14h12. »

Cette éruption aura donc duré une petite semaine, il va sans dire que ce galop d’essai en appellera certainement d’autres au cours de cette nouvelle année; les cinq éruptions de 2019 confirment « la bonne santé » de la Fournaise qui devrait, cette année encore, faire parler d’elle!




Le cône volcanique de l’éruption baptisé « Piton Jacques PICARD »

 

La Cité du Volcan, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise et le Parc National de La Réunion ont décidé de baptiser ce nouveau cônes au nom de « Jacques PICARD ».

« Cette première éruption de l’année 2020 est arrivée à point nommé pour fêter comme il se doit les 80 ans de Jacques PICARD, surnommé le « gardien volcan ». En effet, cette éruption a commencé la veille de son anniversaire (80 ans, le 11 février 2020). Jacques Picard fait partie de ces pionniers du Volcan qui ont contribué à faire connaître ce site très difficile d’accès jusqu’à la construction de la route du volcan en 1968.

Responsable du gîte du volcan de 1962 à 2000, cette figure emblématique de la Plaine des Cafres a accueilli, guidé et informé, durant près de 40 ans, des milliers de Réunionnais et de touristes, qu’ils soient simples particuliers, préfets ou personnalités en tout genre, telles que les célèbres volcanologues Haroun TAZIEFF, Maurice et Katia KRAFFT. »

 

 

Un grand merci aux photographes qui partagent leurs magnifiques clichés sur le net, et qui permettent à tous les passionnés de vivre ces moments forts: Ludovic CAFAFA, Philippe IGLICKI, Jonathan PAYET, Wilfrid PRIGENT, et Alexia GARREZ (Lé bon la Réunion).

Reportage au plus près des torrents de lave de la première éruption de l’année 2020 au Piton de La Fournaise, le 14 février 2020.
Images et réalisation Brieuc Coessens.

Éruption du piton de la Fournaise 14 février 2020

par Ben Celui Ci (Benoit Lincy -VolKaventure)

 

Plan pour vous situer dans la région du volcan

 

REMERCIEMENTS

En premier lieu, nous tenons à remercier la Région Réunion

et les généreux donateurs qui nous ont aidé à reconstruire ce site :

Vincent Bailly – Ladislas Achard – Gaetan Angebaud – Ingrid Armbruster – Edwige Barbottin – Flavie Beguet – Yannick Bellon – Marie Christine Blaise Graff – Armelle Blanc – Sylviane Boissimon – Bernadette Bonnefoux – Laurent Bouyeux – Shirley Bricquet-Galmar – Nicolas Caillot – Ben Celui Ci – Eric Chahi – Isabelle Chastain – Gilles Chauveau – Dorianne Damour – Barry et monique Davis – Ma Delon – Emmanuelle Denis – Cathy Deprez – Emmanuelle Duchemann – Jean Pierre – Dupont – Sebastien Durand – Philippe Eloy – Jacques Enxérian – Jean Laurent Etheve – Vincent Fessler – Stéphane Gannat – Marion Giffo – Benoit Gueffier – Michel Hänggeli – Jean-Michel Hardin – Jean-Pierre Joly – Estelle Lachaud – Marie Louise Lallemand – Henri Laurent – Stephane Lelong – Patrick Lepinay – Andre Lerasle – Bruno Loubatié – Frédéric Machu – Florent Marechal – Jean-Michel Marechal – Nadine Martin – Alixia Maury – Laurent Mehl  – Jacques Métayer – Jerome Minost – Ridwan Moussajee – Cécile Mt – Gérard Mussier – Timothy Nelson – Thomas Notter – Daniel Olivier – Denise Pagnano – Renaud Payet – Aurore Payet – Laurent Petit – Roger Plana – Emilie Pochard – Didier Raspail – Benjamin Rauber – Laurence Rouffet – Vincent Rousseaux – Karl Roy – Delphine Smittarello – Alexandre Thorel – Clement Trapateau – Peter Vetter

Un grand merci à TIMAOUL pour sa magnifique photo du volcan en éruption en octobre 2015 (page d’accueil) et à tous les photographes qui nous confient gracieusement leurs clichés, à l’Observatoire de volcanologie (Aline Peltier et Philippe Kowalski) pour leur disponibilité, RANDO-VOLCAN (Vincent Cheville et Rudy Laurent) nos précieux guides passionnés, le Journal de l’Ile de la Réunion avec lequel nous sommes en partenariat depuis 2002, nos amis François Martel-Asselin et Jean Luc Allègre qui nous ont beaucoup aidé au fil de ces 20 années d’existence.

 

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