Le volcan du Piton de la Fournaise



4 webcams
en direct
de la Fournaise







ERUPTIONS


LISTE DE DIFFUSION











OBSERVATOIRE

Suite à l’éruption de 1977, les élus des communes et du Conseil Général ont pris conscience de la nécessité de surveiller l’activité du volcan, les zones habitées étant menacées il fallait prendre des précautions.
En dehors des rôles qui lui sont impartis, l’observatoire de volcanologie est une vitrine scientifique de renom pour l’état français .La Fournaise est un des volcans les mieux instrumentés au monde ( nombreux capteurs installés ) et son activité très intense permettent une étude approfondie et la mise au point de nouvelles techniques utilisables dans le monde entier.





Actuellement financé par l' IPGP, le CNRS, la Région Réunion, le Conseil Général de la Réunion et l'Europe sur certains projets, cet établissement a donc une triple vocation :
- La surveillance du Piton de la Fournaise
- La recherche en volcanologie
- Diffusion de l'information

Quand une éruption est pressentie, l’observatoire de volcanologie prévient immédiatement les autorités
( le Préfet ) qui prendra les mesures appropriées pour avertir et protéger la population réunionnaise.

l'OVPF met à votre disposition le tout dernier communiqué relatif à la dernière éruption.




LE PERSONNEL

- Mme. Aline PELTIER Directeur

- Philippe KOWALSKI Directeur Technique et Directeur Adjoint.

- géochimiste
- électroniciens
- sismologue
- informaticien
- Géodésienne
- Modélisation thermodynamique
- Télédétection
- Etudiant géochimiste en thèse

Soit 13 personnes d’horizons très divers.

observatoire
L’équipe de l’OVPF


observatoire

Pascal DORR et Philippe KOWALSKY

observatoire

Thomas STAUDACHER en haut du DOLOMIEU

Volcanologue sur une érupion
Volcanologue sur le volcan du Piton de la Fournaise


Volcanologue sur une érupion


Les volcanologues sur le terrain

(Photos OVPF)



LE TRAVAIL DE L'OBSERVATOIRE
C’est un travail continu, l’observatoire réalise une cartographie exacte des coulées. Il archive également les laves de toutes les coulées dans une Lithothèque.
L’activité sismique est pour ainsi dire permanente, en temps normal on mesure souvent des micro-seismes isolés très faibles de magnitude 1
( qui ne sont pas ressentis par un être humain ).

L’échelle de RICHTER étant logarithmique, une sismicité de magnitude 2 représente 10 fois plus d’énergie qu’une magnitude 1.
En éruption, on ne dépasse jamais l’indice 3 de cette même échelle.
Environ 65 capteurs sont disposés sur le périmètre du volcan….. et jusqu’à Cilaos, un déploiement sur l'ensemble del'île est en cours. Ces capteurs vont « montrer » un séisme à un instant t, on va croiser les mesures de tous ces capteurs pour situer l’épicentre exact de ce séisme.

Les mesures numérisées seront enregistrées sur ordinateur ( 100 mesures par seconde et par capteur ) et gravées sur CD ROM ( 1 CD ROM par jour ).



Trémor éruptif au 27 octobre 2006

 




Vidéos réalisées par l 'OVPF
Prélèvement de lave du 20/09/2006 (T. Staudacher) (2804 ko)
Petit film du début de l'éruption l'éruption (31/08/06)... (5488 ko)



TECHNIQUES D'ETUDE
Elles sont variées et complémentaires. Certaines donnent des renseignements précieux car nous pouvons d’ores et déjà les décrypter, d’autres sont plus expérimentales mais pourront avec le temps s’avérer capitales.

  • LA SISMOLOGIE : c’est la base du travail de surveillance. On détecte la surpression et les fracturations du sol, il n’y a pas d’éruption sans séismes. A la Réunion, ces éruptions sont fréquentes mais sans cataclysmes ( c’est un volcan de type point chaud ).

  • LES DEFORMATIONS DU VOLCAN : quand le magma monte, on constate des déformations ( fissures ) et une variation de l’inclinaison des pentes.

  • LES MESURES DE DISTANCES ENTRE DIFFERENTS POINTS : Aujourd'hui elles sont effectuées par des mesures de GPS plus fiables et plus précises. Auparavant ces mesures étaient moins fréquentes ( 1 mesure par point et par heure ), car elles étaient effectuées par visée laser et étaient donc plus difficiles voire impossibles quand il y avait des nuages. Elles permettent de suivre l’évolution du terrain et ses déformations .



    fournaise


    Certaines techniques d'étude ont été progressivement abandonnées car elles étaient peu probantes :


  • L’ANALYSE DES LAVES : on trempe un prélèvement de lave dans l’eau pour bloquer son évolution chimique, on détermine sa profondeur d’origine grâce aux composants identifiés ( olivine… ). Les analyses sont faites en métropole.

  • L’ANALYSE DES GAZ ET DES TEMPERATURES DES FUMEROLLES : la présence de certains gaz peut être annonciatrice de certains phénomènes ou d’ une activité plus intense.
    Lles gaz mesurés sont : CO2, SO2, H2S.

  • LES MESURES D’ECARTEMENT DES FISSURES : elles sont réalisées grâce à des extensomètres ( 3 capteurs ) qui peuvent donner des informations précieuses 3 mois avant une éruption. Cette technique existe depuis une quinzaine d’années, mais les mesures effectuées sont aujourd’hui 10 à 100 fois plus fines qu’il y a 3 ans…..
  • LES MESURES DE CHAMP MAGNETIQUE NE SONT PLUS EFFECTUEES : elles permettaient surtout de dater les anciennes coulées et donnaient des indications par rapport à l’activité.

  • LES MESURES DE RADON SONT EGALEMENT ABANDONNEES: ( moins de 10 ans ) . Le radon est un gaz naturellement radioactif contenu dans le magma. Très lourd il est faiblement mobile. Toute arrivée de magma devrait donc s’accompagner d’une forte présence de radon,….. mais en 1998 on n’a rien remarqué ! ces études sont chaque jour remises en question pour faire évoluer la volcanologie.




Les instruments de surveillance
du Piton de La Fournaise
(OVPF)


1,1 Mo

Et biensûr les nombreuses webcams qui permettent à l'observatoire de vérifier la météo avant d'aller sur le terrain.

webcam fournaise



L'ERUPTION DE JANVIER 2002 (article du JIR 11/10/2002)
 
L’analyse du déroulement de l’éruption de janvier 2002 montre l’étendue des avancées obtenues en une vingtaine d’années d’existence de l’observatoire volcanologique. Mais chaque pas en avant dans la compréhension du fonctionnement du piton de la Fournaise ouvre la porte de nouveaux domaines de recherche sans laquelle la stricte surveillance du volcan n’aurait pas de signification. Et finalement, prévoir les éruptions n’est sans doute pas aussi simple que chacun pourrait le croire.

  • 400 jours de permanence depuis 1998

    L’observatoire volcanologique se trouve confronté, en raison de la recrudescence de l’activité du volcan, à un problème tout simplement humain : les neuf éruptions enregistrées entre 1998 et 2002 ont nécessité 400 jours (nuits…) de permanence, en plus des tâches de routine impératives (astreintes de week-ends et jours fériés à l’observatoire, toute l’année). Le tout assuré par six des membres de l’équipe, forte de neuf personnes, toutes catégories confondues. La réduction du temps de travail ? En vigueur officiellement, elle est “inacceptable pour le fonctionnement de l’observatoire”, indique son directeur dans le rapport transmis à ses partenaires et dans lequel il réclame une solution d’urgence.


  • Recherche sous surveillance

    Patrick Bachèlery, responsable du laboratoire des sciences de l’université de la Réunion, chercheur associé à l’observatoire volcanologique, livre son analyse devant le comité de liaison annuel : “Les gens sont un peu nostalgiques des années 60 où, avant l’arrivée de la route au pas de Bellecombe, guère plus de quelques dizaines de personnes montaient chaque année au sommet du volcan”. “Aujourd’hui, poursuit-il, plusieurs centaines de personnes s’y rendent certains jours”. Fort de ce constat, même si les scientifiques ont bien précisé qu’ils laissaient à la préfecture le soin de gérer en dernier ressort les conditions d’accès au site en période d’éruption, la surveillance du volcan et la sécurité des personnes et des biens sont devenues qu’on le veuille ou non un enjeu majeur dès que l’on parle du piton de la Fournaise aujourd’hui.




  • La leçon de Piton Sainte-Rose

    Étudié dès le tout début du XIXe siècle, notre volcan est pourtant resté longtemps ignoré. Seule l’éruption hors enclos qui ravagea Piton Sainte-Rose en 1977 fut capable de faire sortir de leur léthargie les décideurs de la Réunion et de les convaincre de la nécessité de construire un observatoire à la Plaine-des-Cafres, ce qui fut fait fin 1979. Cet épisode dramatique pour les habitants du village fit donc au moins le bonheur des chercheurs…
    Vingt-cinq ans après exactement, en janvier 2002, le piton de la Fournaise allait-il récidiver ? En ce soir du 5 janvier dernier, on n’en mène pas large à Sainte-Rose. Tandis que l’observatoire volcanologique suit au fil des heures une crise sismique comme jamais il n’en a connu, le sous-préfet de Saint-Benoît réunit autour de lui les services de l’État et le maire de la petite commune de l’Est. Raison de leurs craintes : depuis 16 h 40, la sismologue Valérie Ferrazzini, rivée devant son écran, leur décrit en direct la migration souterraine du magma dans le rift nord-est du massif. Une information plutôt inquiétante puisque la crise s’éternisant, le risque d’une sortie du magma à basse altitude et donc en dehors de l’enclos se précise au fil des heures.
    Finalement, on le sait, une première phase éruptive débute en fin de soirée, dans l’enclos, non loin du Nez coupé de Sainte-Rose. Soulagement, provisoire seulement. Car, une semaine plus tard, au cours d’une seconde phase, le magma jaillit à 1050 m d’altitude, dans la plaine des Osmondes, d’une fissure située au pied du rempart qui constitue la limite de l’enclos du volcan. En réalité, la fissure s’était sans doute déjà mise en place dans cette zone fracturée lors de l’intrusion du 5 janvier, le magma s’y s’injectant sans difficulté. “Il est évident, note Tomas Staudacher, directeur de l’observatoire volcanologique, que cette éruption (…) réunit toutes les caractéristiques d’une éruption hors enclos de type 1977. Par des circonstances heureuses, le magma a été drainé vers l’enclos et le tunnel de lave de la plaine des Osmondes a permis un débit suffisamment important pour vider le réservoir de magma, sans nécessiter l’ouverture de nouvelles fissures”. Ce sont ces coulées qui se sont déversées deux jours durant dans l’océan Indien après avoir enseveli le site de la Vierge au Parasol, du 14 au 16 janvier. Mais Bois-Blanc, épargné, pouvait respirer.


  • Prévenir plutôt que subir

    Vingt-cinq ans plutôt, l’observatoire n’existant pas, les autorités avaient dû se résoudre à subir les événements : après une coulée dans l’enclos, une série de phases éruptives menace en effet les villages de Bois-Blanc puis de Piton Sainte-Rose, évacués dans la confusion au fur et à mesure de l’apparition des coulées de lave dans les hauts de ces deux localités… En janvier dernier, confrontée à une importante sismicité permettant de redouter des épisodes éruptifs hors enclos, la préfecture organise donc à titre préventif et de façon méthodique l’évacuation des habitants. Pour rien, assurément, mais qui aurait pu le prévoir ? C’est bien là où le bât blesse encore, malgré les moyens de contrôle de l’activité disponibles (lire ci-dessous : les incertitudes de la prévision).
    C’est ici qu’on retombe sur le rôle de surveillance assigné à l’observatoire. Depuis vingt ans, l’élargissement du réseau de capteurs a permis le recueil en continu d’une quantité de données phénoménale. Un travail qui permet à l’observatoire de la Réunion de ne pas déparer, loin de là, avec d’autres observatoires beaucoup plus anciens et largement mieux dotés, comme celui d’Hawaii, en terme de résultats de recherche. La fréquence de ses éruptions ( plus de 35 en une vingtaine d’années ) a fait du volcan réunionnais le volcan-laboratoire idéal pour de nombreux chercheurs français et étrangers. Et on se bouscule aujourd’hui, toutes disciplines confondues, pour travailler au chevet du piton de la Fournaise, au point qu’un tri doit être effectué parmi les candidats stagiaires. Ce retour sur investissement peut constituer une source légitime de satisfaction. Mais à l’heure où le gouvernement restreint les budgets de certains ministères, la recherche ne risque-t-elle pas de faire les frais de la morosité ambiante ?
    Même si l’Institut de physique du globe et le conseil général assurent vouloir conserver le cap, la marge de progression de l’observatoire volcanologique pourrait en pâtir. Une politique d’économie ne pourrait que ralentir l’émergence de nouveaux projets et freiner les initiatives, craignent les scientifiques.


  • Les incertitudes de la prévision

    Comme le précise tout d’abord en substance Claude Jaupart, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris “la surveillance ne serait rien sans la recherche et vice-versa : les deux sont étroitement liées”. Et pour simplifier la problématique de la prévision d’une éruption volcanique, du cheminement du magma, de l’endroit où il va jaillir, le physicien fait appel à l’image d’un pare-brise de voiture que frappe une pierre : comment la fêlure se propage, sur quelle longueur, en observant quelle direction ? Autant d’inconnues qu’il faudrait résoudre en tenant compte de l’environnement du pare-brise : notamment son mode de fixation sur la carrosserie de la voiture, le joint qui joue le rôle d’amortisseur… Rapporté à la prévision volcanologique, poursuit le scientifique, il faut donc tenter de comprendre les déformations du terrain que détecte le réseau de surveillance de l’observatoire en fonction des champs de contrainte existants et de leur modification, pour expliquer pourquoi le magma se propage dans une certaine direction et à une certaine vitesse. Tout cela fait appel à la mécanique et à l’hydraulique, à la recherche fondamentale, appuyés sur des années d’observation instrumentales, un travail de très longue haleine.
    D’où ce constat de prime abord surprenant : “On est incapable de prévoir une éruption plusieurs mois à l’avance”, lâche Claude Jaupart, pas plus qu’on ne peut annoncer à long terme où le magma pourra sortir… Un aveu d’humilité à tempérer toutefois : si l’observatoire s’est rarement risqué à de tels pronostics, sauf en interne, il a bien annoncé toutes les éruptions du piton de la Fournaise, qu’on se rassure.

François Martel-Asselin (journal de lîle de la Réunion)



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