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Éruption du 30 août 2006

Éruption du 30 août 2006
DURÉE… 125 JOURS!

 

L ’éruption très soudaine du Piton de la Fournaise surprend tout le monde !
Une fois n’est pas coutume, les volcanologues de l’Observatoire n’ont rien vu venir : après une très courte crise sismique, le piton de la Fournaise s’est mis à cracher le feu à 11 h 35. L’éruption se situe à cheval sur le bord est du cratère Dolomieu. La lave se répand à la fois dans le cratère principal et sur le flanc Est au nord des cratères Maillard et Signal de l’Enclos. Antony Finizzola, enseignant chercheur à l’université, et sept étudiants ont été les témoins privilégiés du début de l’éruption.

 

 

Le Piton La Woundzani vu du ciel


Des projections aériennes et une belle rivière de lave ; un magnifique spectacle pour les randonneurs qui ont eu la chance de le voir par beau temps, hélas ce ne fut pas le cas de tout le monde …

L’éruption se poursuit dans le cratère Dolomieu, au cours d’une reconnaissance pédestre au sommet les scientifiques ont noté la présence d’un panache volcanique envahissant une partie de l’enclos, poussé vers le nord. “Le cône est toujours actif, mais aucune projection ne dépasse le sommet, indique l’observatoire. Le petit lac de lave présent il y a une semaine s’est vidé, probablement dans le Dolomieu. La surface (solide) s’est affaissée de 2 à 3 m. Des petites coulées sont encore visibles au milieu du Dolomieu et en contrebas de la paroi nord-ouest du Dolomieu (vers le cratère Bory)”.





 

Le sommet du cône éruptif s’est effondré de quelques mètres. La hauteur est estimée à une vingtaine de mètres. Quelques projections dépassent toujours le sommet et sont particulièrement visibles du point de vue de la Soufrière. Les coulées de laves ont couvert environ 70 à 75 % de la surface du Dolomieu avec une épaisseur estimée à 2 ou 3 m dans la partie nord et ouest du Dolomieu, et jusqu’à 10 à 12 m à proximité du cône. Un tunnel de lave longe le bord nord du Dolomieu et alimente des coulées dans la partie ouest (sous le Bory). Un hornito situé sur ce tunnel de lave au nord est du Dolomieu émet un fort sifflement du au dégazage de la lave. Un deuxième tunnel de lave part plein ouest du cône et alimente des débordements ( échantillonnées par l’OVPF hier) à une centaine de mètres à l’ouest du « gueule rouge ».

 

 

Alors que la neige faisait son apparition sur nos plus hautes cimes, un deuxième cône éruptif voyait le jour à environ 100 m au Sud-Ouest du Piton Wouandzani, certainement sur le dyke horizontal active qui a alimenté jusqu’à présent le Wouandzani ; ce dernier était en train de rendre l’âme!
Après 7 semaines d’éruption, nous ne sommes pas au bout de nos surprises: le trémor sans cesse en diminution depuis une dizaine de jours pouvait laisser penser que nous nous acheminions lentement mais surement vers la fin de cette éruption, il n’en n’est rien.
Depuis lundi 9 octobre, le trémor reprenait “du poil de la bête”, mais personne n’ imaginait ce qui se tramait… Ce mardi 10 octobre, un nouveau cône a été identifié par des photographes du CDDV présents sur le site. Des fontaines de lave et des projections d’une trentaine de mètres de hauteur ont été observées. Le trémor atteint environ 40% de sa valeur maximale.
Après une légère remontée, l’amplitude du trémor s’est stabilisée depuis peu. Le premier cône dégage encore des fumées. L’activité éruptive reste confinée au niveau du 2ème cône formé depuis le lundi 9 Octobre, qui est maintenant presque aussi haut que le dernier.

 

Jeudi 19 octobre, le trémor éruptif a de nouveau augmenté significativement

Vue d’ensemble du cratère Dolomieu (12/11/2006) – Pascal DORR

Vous étiez encore nombreux le dimanche 12 novembre sur le bord du cratère Dolomieu – Pascal DORR

 

29 novembre : LE VOLCAN DEBORDE

 

Depuis 1998 et « l’éruption du siècle » (196 jours), le piton de la Fournaise n’avait jamais tenu autant son public en haleine. L’éruption en cours depuis le 30 août dernier n’en finit pas de drainer un public toujours aussi nombreux vers les bélvédères au sommet du volcan. Et personne n’ose se risquer à prédire quand elle s’achèvera, surtout pas les scientifiques de l’observatoire volcanologique.

Le volcan de la Réunion semble avoir entamé un nouveau cycle éruptif depuis la fameuse éruption de 1998 au piton Kapor. On y dénombre pas moins de deux à trois éruptions annuelles, voire jusqu’à six si l’on comptabilise les différentes phases d’une même éruption. Cette année encore, la petite équipe de l’observatoire volcanologique est mise à rude épreuve puisque depuis trois mois les gardes se succèdent, jour et nuit, week-ends et jours fériés au chevet du piton de la Fournaise.

« On aimerait bien souffler un peu », confiait hier Valérie Ferrazzini, la sismologue de la maison où la gestion du simple fonctionnement quotidien de l’observatoire prend souvent le pas sur le travail de recherche. Même chose du côté de la gendarmerie où les hommes d’un peloton mobile de métropole, parachutés en terrain inconnu, commencent pour beaucoup à trouver fastidieux leur travail de portier au pas de Bellecombe, lassantes les ascensions et l’attente aux points de vue où ils ne peuvent même pas prendre plaisir à jouer les guides auprès du public. Le piton La Woundzani né au début de l’éruption mais aujourd’hui inactif, a passé le relais au piton Moinama dont le lac de lave, toujours bien présent mais assagi, se contentait hier de projeter quelques éclaboussures de temps à autres. L’amplitude du trémor décroît depuis lundi soir, n’atteignant plus que 25 % de sa valeur maximale contre 50 % jusqu’à récement. Alors, tiendra, tiendra pas ?

 




30 novembre : Les coulées visibles de la route nationale 2

Alors que le piton de la Fournaise fête aujourd’hui son troisième mois d’éruption, la lave continuait hier soir à déborder du cratère Dolomieu et descendait toujours les premières pentes de son flanc Est. Les automobilistes de passage dans le Grand-Brûlé n’ont pas manqué de s’arrêter sur le bord de la route nationale 2 pour admirer le spectacle : une coulée principale, se séparant en deux bras. Cependant, ces coulées se cantonnent actuellement au sommet du piton de la Fournaise, selon toute vraisemblance entre 2 500 mètres d’altitude (cratère Dolomieu) et quelques centaines de mètres plus bas tout au plus, peut-être vers 2 200 mètres. Elles ne risquent donc pas d’atteindre la route nationale de sitôt et de bonnes jumelles sont recommandées si l’on veut suivre leur progression ! D’ailleurs, rares sont les coulées provenant de la zone sommitale à atteindre le littoral, hormis l’exception récente de l’éruption d’août 2004. Le trémor éruptif, après avoir accusé une baisse en début de semaine, s’est stabilisé mardi à 25 % de sa valeur maximale observée au cours de l’éruption qui entre aujourd’hui dans son quatrième mois.

 

2 janvier 2007: Le bouquet final de 2006 de la Fournaise

Article de notre partenaire clicanoo.com

Tout juste entrée dans son cinquième mois, l’éruption du piton de la Fournaise a tourné magistralement la page de l’année 2006, en proclamant l’extinction des feux hier, cinquante-sept minutes après minuit. Le Journal de l’île a assisté aux dernières heures du plus beau feu d’artifice de l’île.

En quelques minutes, moins d’une heure après l’entrée dans l’année 2007, le volcan s’est tu dans la nuit de dimanche à lundi, alors que les feux d’artifice crépitaient encore partout dans l’île. A 0 h 57 en ce 1er janvier, le piton de la Fournaise a mis fin a un peu plus de quatre mois d’une éruption qui a tenu en haleine scientifiques et observateurs par son caractère inhabituel et sa longévité. Trois des cinq cônes éruptifs apparus successivement depuis le 30 août à l’intérieur du cratère Dolomieu étaient toujours actifs dimanche après-midi. Le cône le plus à l’Est (non baptisé) manifestait depuis la semaine dernière une activité impressionnante, ses coulées se répandant à nouveau depuis vendredi soir sur les pentes du volcan, visibles depuis le littoral de l’Est. Il n’était plus possible cette fois de traverser le déversoir emprunté par de nombreuses coulées très actives. Le bord du Dolomieu est désormais recouvert de lave sur une longueur estimée grossièrement à au moins 200 mètres. Le niveau de son plancher a encore considérablement remonté ce week-end dans son secteur sud-est, d’un minimum de cinq à dix mètres selon les endroits Le volcan avait déjà donné quelques signes moins de 24 heures avant de se taire : vers 4 h du matin, ce dimanche 31 décembre, le piton Moinama ( » piton la Neige » du 9-10 octobre), plutôt calme, s’est soudain réactivé, émettant de violentes projections atteignant le bord du rempart à de nombreuses reprises. Puis, en tout début de matinée, il s’est mis à lancer de temps à autre quelques panaches de cendres plutôt discrets. En début d’après-midi, le vaste plateau au pied du cône le plus à l’est était régulièrement recouvert de vagues de lave comme on voit rarement de telles surfaces rougeoyer. Une importante coulée s’était mise en place de manière durable, contournant par le sud le cratère Maillard situé juste en contrebas du sommet ; l’accumulation des coulées a eu raison de lui et l’a partiellement noyé. L’extinction des feux est venue d’un seul coup au cours de la nuit alors que les scientifiques de permanence à l’observatoire célébraient, tout de même, le passage à l’année nouvelle. A 0 h 57, le trémor a disparu des enregistrements. Les lueurs de l’éruption ne se sont cependant évanouies des écrans des moniteurs du réseau de surveillance qu’à 4 h 30, sans qu’on sache toutefois si cela est dû à l’extinction progressive des bouches éruptives… ou au brouillard. Reste à expliquer cet arrêt brutal, qui n’est pas une première au piton de la Fournaise : les scientifiques avancent l’hypothèse d’une obstruction soudaine du conduit d’alimentation, par des effondrements par exemple. Quant à savoir si l’éruption est véritablement terminée, c’est une autre affaire. La vigilance va rester de mise quelques jours encore. Car il faut se souvenir que cette seconde éruption de l’année 2006 a débuté le 30 août, deux semaines seulement après la fin de la précédente. L’observatoire surveillera de près également le risque d’un effondrement en zone sommitale. De 15 à 20 millions de mètres cubes de lave ont été émis au cours de cette éruption, essentiellement à l’intérieur du cratère Dolomieu, et pèsent de toute leur masse sur une structure qui s’est quelque peu vidée au cours des quatre derniers mois. L’apparition de séismes en serait un signe précurseur.

François Martel-Asselin

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