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Éruption du 4 janvier 2002

Éruption du 4 janvier 2002
LA RÉUNION S’AGRANDIT!…

 

 

Après avoir débuté en fanfare, vendredi 4 janvier à 23 h, la première éruption de l’année donnait rapidement de sérieux signes de faiblesse. Sur les quatre fissures situées à environ quatre cents mètres du Nez coupé de Sainte-Rose, trois se sont déjà éteintes. Les laves continuent pourtant à faire leur petit bonhomme de chemin dans les Grandes pentes qu’elles dévalent. Leur traversée de la plaine des Osmondes se révèle plus laborieuse et même si leurs lueurs ont été aperçues depuis la route nationale 2, dans le Grand-Brûlé, elles n’avaient pas franchi mardi 8 janvier le dernier ressaut qui les mettrait à portée de vue du public.

 

 

A l’exception des scientifiques de l’observatoire volcanologique, certains avaient peut-être tourné un peu vite la page de la première éruption de l’année. L’activité est repartie de manière spectaculaire dans la nuit de samedi à dimanche, lorsqu’une nouvelle fissure s’est ouverte dans le pied du rempart de Bois-Blanc, à l’est de la plaine des Osmondes à 1050 mètres d’altitude. Dimanche soir les coulées se trouvaient à à peine plus deux kilomètres de la Vierge au Parasol.

 

En route vers l’océan…

 

Lundi 14 janvier, la lave après avoir traversé la RN2 au niveau de la Vierge au Parasol, a poursuivi sa route et atteint la mer dans l’après-midi. La statue a été déplacée par les fidèles pour la préserver des laves.

 

La Réunion s’agrandit !

 

Il est 15 h 40 quand les premiers blocs de lave tombent dans la mer ! Fabuleux, exceptionnel, inimaginable… Les mots sont faibles pour décrire l’ampleur du spectacle qui s’est joué lundi soir dans les flots, au pied de la coulée de la Vierge au Parasol et quasiment à huis clos. Le combat entre la lave et l’Océan s’est déroulé à grand renfort d’explosions gazeuses et de bouillonnements écarlates, dans un dantesque nuage de vapeur rougeoyante et sous les yeux éberlués des quelques privilégiés ayant réussi à atteindre le site.

 

Bois Blanc : village fantôme

 

 

Mardi 15 janvier, pour la première fois depuis 1986, le piton de la Fournaise menace à nouveau la commune de Sainte-Rose. L’alerte 3 a été déclenclée par la préfecture, les 700 habitants du village de Bois Blanc ont été évacués à titre préventif. Alors que la coulée continue à se déverser dans la mer avec une certaine puissance, à 16 heures cette après-midi décision a été prise d’évacuer les habitants de Bois-Blanc. Une éruption hors enclos sur les hauteurs du village n’est pas à exclure et les personnes concernées n’ont eu que quelques heures pour quitter leurs maisons en emportant leurs biens les plus précieux. Mardi soir, seuls quelques irréductibles avaient refusé de vider les lieux et Bois-Blanc n’était plus qu’un village fantôme.

 

 

Mercredi 16 janvier, le piton de la Fournaise a de l’énergie à revendre, le débit de la coulée de la Vierge au Parasol ne faiblit pas. En vingt-quatre heures, elle a déjà édifié une vaste plate-forme gagnée sur l’Océan, large d’environ 150 mètres et s’avançant de près de 80 mètres en mer ! Un débordement de la coulée a dévoré la case réservée à la vente de produits artisanaux sur ce qui restait encore du parking de la Vierge au Parasol, sous les yeux des curieux.

 

 

Jeudi 17 janvier : Sortira ou ne sortira pas de l’enclos ?

La baisse de l’activité sur l’éruption qui a atteint la mer n’a pas levé l’incertitude. L’Observatoire n’écarte toujours pas l’éventualité de l’ouverture d’une fissure sur les hauteurs de Bois-Blanc. Cette chute brutale de l’activité peut certes signifier la fin de l’éruption mais peut-être aussi le prélude à l’ouverture d’une fissure hors de l’enclos. Le maître mot qui prévaut plus que jamais est pour l’instant vigilance car tout danger est loin d’être écarté.

Samedi 18 janvier : Le Piton de la Fournaise a retrouvé son calme habituel mais cette retombée si soudaine intrigue l’équipe scientifique de l’Institut de Physique du Globe de Paris. Le trémor et la sismicité sont retombés à un niveau très bas, des micro-séismes subsistent dans un périmètre situé en dessous du Nez coupé de Ste Rose ( une trentaine d’évènements dans la nuit de mercredi à jeudi ).“Ce n’est pas catastrophique”, tempère Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire. “Y aura-t-il une troisième phase ? C’est moins évident qu’il y ait quelque chose tout de suite et le risque n’est pas le même qu’hier, mais ça reste à voir”. L’ Observatoire de volcanologie surveille bien évidemment la situation et n’écarte pas une autre éruption hors enclos. Tout est possible , il ne faut surtout pas relâcher son attention…..

 

Quelques jours après la fin de l’éruption.

Avec l’aimable autorisation de notre partenaire le journal de l’Ile de la Réunion.
Crédits photographiques : Le JIR et Pascal DORR (Fournaise.info)

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