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Éruption du 22 août 2003

Éruption du 22 août 2003
6 JOURS, PAS UN DE PLUS!

 

 

Forte d’un succès populaire peu commun, l’éruption qui a débuté vendredi s’est arrêtée brusquement le mercredi 27 août à 21 h 52, selon l’observatoire volcanologique. Son réseau de surveillance a assisté à la disparition soudaine et totale du trémor qui caractérise l’activité éruptive. Qui l’aurait imaginé alors qu’une cohorte de visiteurs était aux pieds du piton Kapor pour lui rendre un dernier hommage ? Le cône de “l’éruption du siècle” de mars 1998 allait disparaître sous les projections de son jeune rival, pensait chacun. Déjà largement dépassé, il s’effaçait au fil des heures, ses contours lissés par les tirs de harcèlement… Ce déploiement d’énergie n’avait pas manqué de surprendre. L’observatoire avait enregistré mardi après-midi 26 août une augmentation du trémor volcanique se traduisant au niveau du cône de l’éruption par des fontaines de lave permanentes et des coulées souvent impressionnantes par leur largeur.

 

Un nouveau Piton !

 

En quatre jours à peine, le nouveau piton avait dépassé en taille et en volume le piton Kapor. Cette rapidité a stupéfait les observateurs du piton de la Fournaise. Preuve de sa vitalité, son cratère énorme, égueulé vers l’Est, laissait échapper des cascades et des rivières de lave. La coulée semblant s’être tarie, une autre avait même pris le relais mercredi 27, cette dernière descendait plus au sud que la précédente. La couche nuageuse a cependant bien souvent empêché toute observation depuis la RN 2 hier, mais depuis la route du tour de l’île, on a pu parfois observer un mince filet de lave, selon les gendarmes de Piton Sainte-Rose. La nouvelle de l’arrêt de l’éruption à 21 h 52, a stupéfait tout le monde, comme Christian, incrédule, contacté un peu plus tard par téléphone : “De retour au pas de Bellecombe, j’ai encore vu les lueurs de l’éruption et lorsque nous sommes partis il devait être 22 h 05”. De même, Fabien, arrivé vers 22 h au pied de l’escalier du pas de Bellecombe, rapporte avoir vu les “dernières gerbes” de l’éruption peu avant.

Pas de chance pour l’observatoire volcanologique : outre de nouveaux échantillonnages sur les coulées, dans lesquelles il a relevé une teneur non négligeable en olivine, une équipe scientifique a par ailleurs installé sur le site de l’éruption une station de mesure composée notamment d’un microbaromètre et d’un sismomètre, alimentés par panneaux solaires. Il s’agissait de rechercher d’éventuelles corrélations entre l’activité enregistrée par le capteur sismique et le fonctionnement des fontaines de lave du cratère, qui auraient pu fournir des indications quantitatives sur son alimentation. Elle n’aura donc pas pu fonctionner plus d’une dizaine d’heures… Les fins brutales d’éruption ne constituent pas des phénomènes exceptionnels, loin de là. On relève plusieurs cas de ce type pour les éruptions de ces dernières années, sans qu’une explication satisfaisante puisse y être apportée.

Avec l’aimable autorisation de notre partenaire
Le Journal de l’Ile de la Réunion

Après la réouverture de l’enclos vendredi 12 décembre, l’éruption du piton de la Fournaise se poursuivait. Des coulées étaient visibles dans le cratère Dolomieu, toutefois seules deux trois bouches actives continuaient de fonctionner. Des éléments du relief familiers aux observateurs disparaissent ainsi peu à peu du paysage, comme ce curieux édifice minéral planté dans le cratère : les torrents de lave déversés par l’éruption qui a débuté dimanche ont remblayé le Dolomieu sur plusieurs mètres d’épaisseur, n’en laissant plus émerger que la pointe…

 

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Luc Souvet

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